LEONOR FINI, ICÔNE SUBVERSIVE, AMIE DES SURRÉALISTES, À LA GALERIE RAPHAËL DURAZZO

LEONOR FINI, ICÔNE SUBVERSIVE, AMIE DES SURRÉALISTES, À LA GALERIE RAPHAËL DURAZZO

22 janvier 2023 Art Art & Marque 0

Leonor Fini, Le radeau, 1979, huile sur toile, 82 x 116 cm

La Galerie Raphaël Durazzo, centrée sur les « Avant-gardes » du XXème, après l’exposition sur le Bauhaus, présente l’exposition « Leonor Fini : Théâtres Imaginaires » du 19 janvier au 25 mars 2023.

Une icône parisienne à la vie extravagante… dont l’œuvre, proche du Surréalisme, réunit psychodrames, rêves et tensions sexuelles.

Leonor Fini (1907-1996), considérée comme une des plus importantes artistes du XXème siècle, est aussi une des plus incomprises. Son art unique son esprit et son charisme font d’elle une célébrité dans le monde de l’art, à Paris et à l’étranger, dès les années 30 et jusqu’à la fin de sa vie. Malgré sa réputation, elle n’était pourtant pas une artiste surréaliste. Elle se met à l’écart du groupe par haine des réunions, des manifestes et de l’attitude misogyne et homophobe d’André Breton.

Le travail de Leonor Fini est le théâtre de son imagination nourrie d’une forte tension érotique et de mystères oniriques, comme un rêve sur toile. “Ses peintures sont faites de vertiges” disait Max Ernst. Parmi ses sujets de prédilection : la relation entre une femme dominante et un homme passif, la transformation et la mascarade. Dans nombre de ses œuvres importantes, elle se peint sous les traits d’une sphinge à laquelle elle s’identifiait. Leonor Fini est aussi une portraitiste renommée. Elle fera les portraits d’André Pieyre de Mandiargues, de Jean Genet, de Suzanne Flon, de la danseuse Margot Fonteyn, Luchino Visconti, Leonora Carrington et de bien d’autres.

Scénographe de génie et créatrice de mode, elle crée pour George Balanchine les décors et costumes du Palais de Cristal à l’Opéra de Paris, ainsi que ceux des Demoiselles de la Nuit pour la compagnie de Roland Petit. Pour la pièce d’Albert Camus, dont elle était très proche, elle travaille sur la pièce Requiem pour une nonne. A la Scala de Milan, elle crée les costumes et décors pour L’Enlèvement au sérail chanté par Maria Callas. En tout, Leonor Fini a collaboré à plus de soixante-dix productions théâtrales à Paris, en Italie et en Espagne. Pour le cinéma, elle réalise les costumes de Huit et demi de Federico Fellini (1963), de Roméo et Juliette de Renato Castellani (1953) et de Promenade avec l’amour et la mort (1968) de John Huston.

L’artiste tient une place prépondérante dans l’imaginaire collectif des années 40 et 50 et est alors considérée comme une véritable icône de la mode. Loin du cliché de l’artiste maudit, le style excentrique et glamour de Leonor surprend et séduit. Elle en joue au risque parfois de compromettre l’image d’artiste sérieuse au sein du monde de l’art. Sa renommée d’égérie féministe, quant à elle, est beaucoup plus récente et principalement posthume.

« Leonor Fini incarne la féminité libérée avant la lettre, ce refus de se soumettre a peut-être quelque peu occulté la perception d’un talent très éclectique, encore bien trop méconnu à mon sens. Le monde est enfin prêt à l’entendre et à prendre la mesure de son talent ! » déclare Raphaël Durazzo, fondateur de la Galerie Raphaël Durazzo.

La découverte d’une égérie féministe – avant l’heure – toujours en marge, ne cessant de créer la controverse.

Tombée dans l’oubli à la fin du XXème siècle, souvent décriée par les critiques contemporains, son œuvre continue encore et toujours de créer la controverse et fait aujourd’hui l’objet d’une redécouverte importante avec des rétrospectives à Tokyo (Bunkamura Museum of Modern Art, 2005), Trieste (Revoltella Museum of Modern Art, 2009), en Suède (Bildmuseet, Umea, 2014) ainsi que d’autres en préparation. En 2021 parait également le catalogue raisonné de ses œuvres : Leonor Fini Catalogue Raisonné of the Oil Paintings, Richard Overstreet, Neil Zukerman, Scheidegger & Spiess, Zurich.

Des amitiés artistiques nouées pour la vie. Née à Buenos Aires dans une famille italienne, Léonor est élevée par sa mère célibataire à Trieste dans un environnement cultivé et cosmopolite. Après un an d’étude à Milan, où elle se lie d’amitié avec De Chirico, elle s’installe à Paris en 1931 afin d’y poursuivre sa carrière d’artiste. Très vite elle noue des amitiés qu’elle gardera toute sa vie : Henri Cartier-Bresson et André Pieyre de Mandiargues qui deviendra son amant, Max Jacob, Salvador Dali, Max Ernst avec lequel elle partagera sa première exposition chez Julian Levy à New York en 1936, Paul Éluard, Tristan Tzara, Victor Brauner, George Bataille, Meret Oppenheim, Jean Cocteau, Leonora Carrington ou encore Dora Maar. C’est Christian Dior qui lui offre sa première exposition solo dans sa galerie, avant qu’elle ne fasse partie de l’exposition évènement du MoMA de 1936 Fantastic Art, Dada and Surrealism.

En 1939, elle organise une exposition de meubles d’artistes surréalistes à la demande Leo Castelli dans sa première galerie place Vendôme puis quitte Paris à l’arrivée des Allemands, d’abord avec Max Ernst et Leonora Carrington en Ardèche puis à Arcachon avec Salvator et Gala Dali, pendant près d’un an, avant de rejoindre Monaco puis l’Italie ou elle restera jusqu’à la fin de la guerre.

Un nouveau regard sur l’œuvre de Leonor Fini par le galeriste Raphaël Durazzo, sous la direction de Richard Overstreet, ayant-droit de Leonor Fini et co-auteur du catalogue raisonné.

Grand ami de Leonor Fini, Richard Overstreet, se consacre au rayonnement de l’œuvre de l’artiste. Artiste et photographe lui-même, il a étudié à l’Université de Californie à Berkeley d’où il est diplômé d’un Masters of Fine Arts.

Il s’installe au début des années soixante à Paris et travaille comme journaliste à Time-Life, puis devient assistant à la production pour United Artists, puis premier assistant pour différents metteurs en scène américains dont John Huston. C’est à l’occasion du tournage de son film Walk with Love and Death en 1968 qu’il a rencontré Leonor Fini, créatrice des costumes du film. Il a participé à l’organisation de toutes les rétrospectives de l’œuvre de Leonor Fini, sans pour autant abandonner son œuvre de peintre et continue d’exposer aux Etats-Unis comme en France.

Un nouveau regard sur l’œuvre de Leonor Fini par le galeriste Raphaël Durazzo, sous la direction de Richard Overstreet, ayant-droit de Leonor Fini et co-auteur du catalogue raisonné.

Leonor Fini, Le Bal des Oiseaux, 1948